mardi 7 mars 2017

Immortalité en papier de Gabriel Arlys

Résumé :

L'immortalité est une pure folie. L'Homme a toujours cherché à devenir immortel. L'Humanité est une pure folie. Au travers des âges, des paysages et des personnages, vous aurez ici l'occasion de sonder la folie, tantôt douce tantôt profonde, de vos pairs. De la forêt amazonienne à la lune en passant par les berges du lac Léman, de l'Antiquité au 26eme siècle en passant par les années soixante, des hommes et des femmes se démènent, attisés par leur folie, obnubilés par leur projet : obtenir l'immortalité. Malgré tous leurs efforts, ils n'échapperont pas à leur destinée, celle de vivre éternellement dans les pages de quatre maigres nouvelles d'un auteur même pas renommé. En guise de consolation, puissent-ils se voir offrir cette immortalité en papier.

Mon avis :


Je remercie les Editions Boz’Dodor pour ce SP, c'est toujours un plaisir de découvrir de nouveaux auteurs !

Ce petit recueil de 4 nouvelles nous propose d'explorer les différentes facettes de la folie des hommes en quête de l'immortalité.
La 1ère nouvelle se base sur une ancienne légende racontant qu’un homme de Magellan serait devenu un shaman immortel. Johan se rend donc en Guyane pour tenter de devenir cet immortel.
L’immortalité reposerait-elle sur cet esprit, ce personnage qu’on appelle la mère aux cheveux-racines ? Un récit exotique qui oscille entre aventure, légende, et connaissance et préservation de la planète.
C’est le récit le plus léger, peut-être dû au côté légendaire et mystique, ou au dépaysement provoqué par la faune et la flore tropicales...
La 2ème nouvelle est plus glauque, malsaine et flippante, peut-être parce que plus réaliste…
La clinique des champs propose des cures de jouvence pour riches. Mais jusqu’où peut-on aller pour rajeunir, pour ne pas vieillir, et même pour devenir immortel ?
Qui est le plus pathétique et le plus inquiétant ? Le patient qui ne veut pas vieillir, ou le médecin prêt à jouer les apprentis-sorciers dans cette quête, afin de voir sa carrière couronnée de succès. La course à la célébrité, l’argent qui peut tout payer, mais à quel prix…
La 3ème nouvelle décrit un nouveau genre d’émission de télé-réalité en direct de la lune, genre plateau des Hunger Games, avec des créatures à mutations génétiques. Le récit montre encore une fois les dangers de l’intervention de l’homme qui en cherchant à modifier les espèces, à vouloir les améliorer, ne conduit qu’à détruire l’être humain. La folie jusqu'à l'absurde !
La dernière nouvelle, séparée en 4 parties, décrit les moments de la mort de 4 personnages de l’antiquité à aujourd’hui, faisant partie à tout jamais de l’Histoire, et donc devenus immortels, au moins sur le papier.
Ceux-là sont réellement immortels, ils ont laissé des traces, que ce soit par leurs conquêtes, leurs constructions, leurs actes ou leurs écrits, c’est finalement la seule forme d’immortalité à laquelle l’être humain puisse accéder.

Merci à l'auteur de s'être éloigné des derniers clichés en matière d'immortalité, que sont devenus les vampires et autres créatures fantastiques, et d'être revenu aux aspirations de l'être humain.
Les descriptions précises, scientifiques même, contribuent à rendre ces récits dérangeants et nous donne matière à réflexion, ou à cauchemars !

jeudi 23 février 2017

Dans le noir de Lara Elric

Résumé :

Olivia, jeune femme moderne et tout à fait normale, se trouve un soir confrontée à une panne d’électricité. Ce qui n’était qu’une gêne mineure dans une soirée morose va rapidement s’avérer être un problème bien plus grave qu’elle ne le pensait. La panne dure et elle va devoir s’acclimater à de nouvelles conditions de vie plus rudes. Dans un univers où tout ce qui lui est familier est devenu inutile, il lui faudra affronter un monde qui a changé et dans lequel l’autre est devenu une menace. Avec l’aide d’un petit groupe réuni au gré du hasard, elle va tenter de s’en sortir en espérant un retour à la normale. Son caractère et son courage suffiront-ils pour faire face à des dangers auxquels elle n’est pas préparée ? Suivez Olivia et ses amis dans un périple palpitant qui vous fera reconsidérer votre quotidien.

Mon avis :

J'ai découvert ce roman grâce au groupe fb « Auteurs cherchent avis, chronique ou bêta-lecture ». La présentation du livre m'a interpellée, l'auteur me l'a donc envoyé en SP.
Et quelle surprise ! Un grand coup de cœur pour ce roman autoédité qui mérite d'être remarqué par un éditeur !

Comment le qualifier ? Roman d'anticipation...guide pratique de survie en milieu hostile...ou encore roman initiatique à la recherche d'un nouveau départ...Un peu de tout ça !
Car ici pas d'apocalypse comme on l'entend habituellement, pas de météorites, de tsunami, de zombies ou d'extraterrestres...Non c'est beaucoup plus simple et terriblement réaliste : plus d'électricité !
Si vous ne vous êtes jamais posé la question de savoir ce que vous pourriez encore faire sans électricité, ce livre vous l'indiquera, et vous inquiétera probablement.

L'auteur installe un climat pesant et angoissant : quand l'électricité va-t-elle revenir ? Que font les autorités ? Comment se préparer à manger ? Plus de téléphone, de télé, de radio... Comme l'héroïne Olivia, on se sent aussitôt coupé du monde, isolé.
Heureusement, ces sensations sont rapidement contrebalancées par la solidarité et l'entraide qui se mettent en place avec ses voisins.
Mais après les premiers jours d'interrogations suite à cette subite panne d'électricité, l'attente d'un retour rapide qui n'arrivera jamais, il faut continuer à vivre et s'organiser sur du plus long terme. Comment se nourrir, se déplacer, se chauffer sans électricité ? Le petit groupe de voisins augmente, chacun trouve sa place et tient un rôle important.
Olivia est une jeune femme courageuse et déterminée, têtue, qui a toujours des solutions et des plans à proposer, c'est une meneuse, elle est combative. Tous ses nouveaux amis ont des qualités aussi exceptionnelles, chacun à sa façon. Tous les personnages sont très attachants, sauf un (il en faut au moins toujours un ;) ). On voit les différents liens se créer au fil du récit, des liens forts d'amitié, mais aussi d'amour, un peu d'air frais dans ce monde de dangers et de brutes !
La banlieue parisienne et les villes en général deviennent très vite des ghettos où règnent la loi du plus fort, l'horreur et la barbarie. On se rend compte que l'homme peut très vite basculer du côté obscur et oublier toute son humanité quand il s'agit d'une question de survie et de prise de pouvoir. L'auteur donne une vision très réaliste du déclin d'une partie de l'humanité.
Le roman est une succession de problèmes à résoudre, de risques à prendre, les rebondissements sont constants, les pages se tournent vite, on veut savoir comment ils vont s'en sortir.
Les émotions sont retranscrites de façon très réaliste, on vit et on souffre avec les personnages, ce qui en fait un roman très vivant, prenant, difficile à lâcher. Beaucoup de larmes, d'inquiétudes, mais aussi des petites et grandes joies ! La plume de l'auteur, très fluide et agréable, contribue à ce ressenti si vibrant et juste des émotions.

Merci encore à Lara Elric pour cette découverte ! Un coup de cœur pour ce roman qui révèle les réactions et les actes des êtres humains dans l'adversité et qui montre comment l'humanité peut survivre grâce à l'entraide, à la solidarité, à l'amitié et à l'amour.

Extraits :

« Peut-être que cette panne était une opportunité qui permettrait aux gens de retrouver quelque chose de perdu, noyé dans l’obsession de la satisfaction immédiate de tous leurs désirs. »

« Il n’y avait plus de travail, mais plus de loisirs non plus, puisque ceux-ci dépendaient de l’électricité. C’était probablement l’une des raisons de leur agressivité et de leur violence : ils ignoraient quoi faire d’eux-mêmes et c’était effrayant. »

« Chacun vivait pour lui-même et pour les siens sans se rendre compte que c’était vide de sens dans les circonstances actuelles. La coupure n’avait fait que renforcer un état de fait déjà existant. Olivia eut soudain envie de pleurer devant ce que l’humanité était devenue. »

vendredi 20 janvier 2017

Les plaisirs secrets de la Belle Epoque d'Anna Kriakovna


Présentation :


Découvrez les aventures troublantes de Ségolène Hertain, riche bourgeoise, recevant son initiation au plaisir, dans les alcôves de la Belle Époque, par son amie Amarande de Bréval, et les rebondissements inattendus de cet apprentissage.

Mon avis :

J’ai pu découvrir ce roman par l’intermédiaire du groupe facebook « Auteurs cherchent avis, chronique ou bêta-lecture» et je remercie son auteur Anna Kriakovna pour ce service presse !

Un roman érotique mais aussi historique puisqu’il  se passe à la Belle Epoque, voilà qui nous change un peu de l’ordinaire, ça fait du bien !
Le style est adapté au contexte, on pourrait croire l’histoire écrite par un contemporain de l’époque, pas de vulgarité, une plume fluide et agréable.

Ce roman met en scène 2 personnages principaux, 2 femmes de la grande bourgeoisie, autour desquelles gravitent des amies, des cousines, mais aussi des ouvrières ou des prostituées.
C’est à travers cette galerie de différents portraits de femmes que nous pouvons découvrir les mœurs et les distractions coquines de la Belle Epoque, mais aussi la condition féminine.
Ségolène Hertain est une de ces femmes, sérieuse, puritaine, réservée, qui s’interdit tout plaisir. Sa meilleure amie Amarande de Bréval, beaucoup plus libérée, va lui faire découvrir des plaisirs insoupçonnés, tout en restant fidèle à son mari. Des récits de découverte de la sexualité à la masturbation en passant par les sextoys de l’époque, des relations lesbiennes à l’exhibitionnisme, elle testera tout, en y prenant de plus en plus de plaisir et d’assurance, jusqu’à elle-même mener le jeu et entraîner son amie. Chaque chapitre illustre ce crescendo de désirs et de plaisirs qui se termine en apothéose. Les dernières phrases de l'épilogue sont sans aucun doute les plus drôles et soulignent l’ironie de l’histoire…

Les différences entre ces femmes n’existent que par leur statut social ou leur mariage. Une fois nues, elles sont toutes identiques, et on perçoit cette égalité à travers leur sexualité, dans un monde dominé par le plaisir masculin. Le fait d’avoir des maîtresses était bien entendu tout à fait normal et naturel pour les hommes mariés, et accepté par leurs femmes. Mais elles, s’interdisaient toute relation extra-conjugale, et même tout plaisir. Et là on assiste à cette libération des femmes, qui reste cachée malgré tout, mais qui est bien présente. Dès qu’une femme était célibataire, voulait voyager ou être artiste, dès qu’elle avait d’autres aspirations que le mariage ou les enfants, c’était une femme perdue, critiquée, mise au ban de la société. Malgré cela, quelques femmes décrites ici ont mené la vie qu’elles voulaient, ont fait des sacrifices parfois mais gagnent leur vie en étant libres.

Si vous voulez découvrir les objets érotiques de la Belle Epoque, savoir ce qu’était le cabinet chinois, je vous invite à lire ce roman qui vous dépaysera et vous entraînera dans les couloirs secrets d’une époque pas si lointaine où le sexe restait caché derrière les rideaux mais dominait les esprits…